Un hologramme, on peut définir ça comme ça ...
Ca ne vous est jamais arrivé, à vous, de croiser quelqu'un qui vous semblait famillier, au point de faire ressurgir des vieux souvenirs que l'on pourrait penser agréables mais qui vous laissent un goût amer, une certaine forme d'oppression ?
Cet écho d'un passé faste, d'une période de ma vie légère et pleine d'étoiles, m'a été renvoyé comme un boulet de canon aujourd'hui. Allez savoir pourquoi.
Coïncidence après coïncidence, comme si les évènements semblaient s'imbriquer dans un puzzle, tout ce qui m'entourait semblait vouloir jouer un rôle à ce moment-là pour me conduire à je-ne-sais quelle conclusion.
Et puis j'ai toujours pas compris d'ailleurs...
C'est bête de ne pas trop savoir où.
En tout cas, j'suis sûre que c'est le genre de truc qui arrive à tout le monde de temps en temps !
J'suis une scientifique, j'aime bien tout comprendre, vouloir tout maîtriser, mettre une logique partout et qui marche à tout les coups... Et ce qui s'est passé aujourd'hui a touché un point sensible de ma personnalité, l'impuissance que je dois bien accepter à certains moments.
Bingo.
Puis au fond, heureusement que la vie n'est pas faite que de logique qui fonctionne toujours et qui prévoit tout !!
J'ai loupé mon bus.
La légendaire ponctualité de Lignes d'A. (pas d'pub ok ?! ;p) m'a permis de bien ruminer une journée épuisante et mon manque de sommeil à l'arrêt à proximité d'un mec plus qu'antipathique de ma classe qui passe son temps à me critiquer dans mon dos (ce dont à l'heure actuelle, je me fous éperdument... y parait qu'suis pas assez bien sapée pour lui ... à croire qu'il aime pas les baggys... ;p).
Puis une fois dans le bus, ça a été 40 minutes de questionnement.
Il y avait quelques sièges libres, mais à droite , moi j'me mets toujours à gauche (pour voir autre chose qu'un trottoir à longueur de temps ;p). J'ai pris ce qu'il y avait. Un gamin assis sur les genoux d'une jeune femme sur un siège, à gauche, au même niveau que moi, fit tomber une petite gourde en plastique. La dame qui me séparait de la jeune-femme se leva pour le ramasser et le lui rendit. Cette fille-là, elle avait un joli sourire, l'essentiel chez une fille, le même que celui d'une vieille connaissance perdue de vue. Pas n'importe laquelle. Quelqu'un que je n'ai jamais oublié.
C'était la première fois en deux ans que je voyais quelqu'un qui me rappelait son visage. Qui lui ressemblait même tellement...
pourquoi pas ?
C'est ce que je me suis dit.
A ce moment, une jolie chanson de Kyo retentit dans mes oreilles (que voulez vous faire d'autre dans le bus ?... ;p) , une chanson qui m'avait quelques fois rappelé des choses qu'elle avait pu me dire, qui avaient changé ma vie.
Ce moment fût un peu bouleversant, car tout me revint très dinstinctement, mais non, en fait je ne sais pas trop si c'était vraiment clair ou plutôt flou, mais je n'avais jamais vécu cette chanson si intensément (oui, la musique, ça se vit ! ;)) , de telle façon que même si je l'eûs composée moi-même, je n'aurais pu y retranscrire cela.
Je voulais alors simplement lui parler. Parce que j'ai compris depuis quelques temps qu'il n'y a rien de pire que les regrêts, que le petit truc résiduel qui nous pique de temps en temps quand on a loupé une occasion de faire quelque chose qui ne coûte rien mais qui peut apporter beaucoup. La preuve d'ailleurs, à nouveau.
Mais il y avait ce gars-là, ce mec qui semble traquer les moindres failles ou maladresses (et y en a... :D) dans mon comportement pour en faire son scoop du lendemain...
Je ne voulais pas encore une fois passer pour une conne devant lui.
Et comme par enchantement, lui qui d'ordinaire fait tout le trajet comme moi, descendit du bus peut être 10 minutes après.
Et bien, pourquoi pas ?
La jeune-fille téléphona à quelqu'un en disant qu'elle arrivait d'ici une vingtaine de minutes. Elle avait vraiment l'air de l'aimer son gamin, comparée à une espèce de vieille folle qui m'avait écoeurée peu de temps avant en blâmant constamment ses gosses et en gueulant pour un rien à tout bout de champ (même après le chauffeur d'ailleurs...).
La fille que j'avais connue m'avait fascinée de par son attention bienveillante envers le gamin de sa soeur malade dont elle s'était occupée, et toujours avec le sourire et l'amour qu'elle lui portait, à 19 ans.
L'âge qu'avait le gosse dans le bus pouvait tout à fait correspondre à la situation.
Une dame qui était assise à côté de moi devant quitter sa place, je me levai donc, et croisai le regard de la jeune-femme. En fait bizarrement c'était elle qui me regardait. Ca me mit mal à l'aise. Je me rassis et évitai d'oser des coups d'oeil trop souvent de son côté.
Je gardais quand même en tête l'idée de simplement aller lui parler.
Comble du hasard, elle descendit au même arrêt que moi, après presque trois quarts d'heure de voyage.
Je m'avançai vers elle et l'interpellai... "excusez-moi... est-ce qu'on se connaîtrait ?...
-euh... j'ai eu la même impression tout à l'heure dans le bus...
-vous ne vous appeleriez pas Nathalie ?...
-ah non....."
mauvaise pioche, mais ce fût malgré tout bon enfant. On échangea un sourire - petit geste qui me touche toujours - et puis au moins je ne risquais pas d'être passée à côté de quelque chose.
Le puzzle du hasard, peut-être.
Tout simplement.
Mais pourquoi se souvenir de ça ?
Cette fille que j'avais connue à la fois au bon moment, à un moment où ce qu'elle m'apporta fût une aubaine et au mauvais dans le sens où nous avons perdu contact parce que je n'étais pas prête, que je n'avais pas envie de voir la réalité en face des choses.
A présent, ma réalité, je la connais parfaitement, et j'aurais aimé qu'elle aussi puisse la connaître.